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Il y aura toujours quelque chose à faire.

Mode de vie, Réflexion

Quand on travaille à son compte, il y a quelque chose d’un peu particulier avec la fin d’une journée de travail.

Souvent, personne ne nous dit qu’elle est terminée.

Il n’y a pas nécessairement de bureau à quitter, de collègue qui ferme les lumières ou de quart de travail qui prend fin.

Il y a plutôt une liste.

Et cette liste, elle, pourrait probablement continuer encore longtemps.

Un courriel auquel répondre. Une facture à envoyer. Une idée à noter. Une publication à préparer. Une petite modification à faire sur le site Web. Un projet client qu’on pourrait avancer juste un peu.

Ça ne prendra que cinq minutes.

Et puis cinq minutes en deviennent vingt.

Parce qu’il y aura toujours quelque chose à faire.

Quand notre travail nous appartient

Je pense que c’est encore plus facile de continuer lorsqu’on aime ce qu’on fait.

Quand l’entreprise est la nôtre, les idées ne s’arrêtent pas nécessairement à 17 h.

On peut penser à une nouvelle offre en préparant le souper. Trouver la solution à un problème sous la douche. Avoir soudainement envie de modifier quelque chose sur son site un dimanche matin.

Et sincèrement, je ne voudrais pas complètement perdre ça.

J’aime que les idées puissent arriver n’importe où.

J’aime pouvoir profiter d’un élan lorsqu’il est là.

J’aime aussi la liberté de travailler à des moments qui me conviennent plutôt que de toujours faire entrer mon énergie dans un horaire précis.

Mais cette liberté vient avec une responsabilité un peu moins évidente :

c’est aussi à nous de décider quand c’est assez.

La liste ne sera probablement jamais terminée

Pendant longtemps, j’ai associé assez naturellement la fin du travail avec la fin de ce qu’il y avait à faire.

Terminer une tâche. Cocher la liste. Mettre les choses en ordre.

Le problème, quand on développe une entreprise, c’est que cette logique ne fonctionne plus très bien.

Chaque chose terminée peut en faire apparaître une autre.

On améliore le site Web, puis on pense à une nouvelle page.

On termine un mandat, puis il faut faire le suivi.

On met en place un nouvel outil, puis on voit déjà comment on pourrait l’améliorer.

Et plus l’entreprise évolue, plus les possibilités se multiplient.

La liste n’est donc peut-être pas censée être terminée.

Cette idée paraît toute simple, mais je trouve qu’elle change beaucoup de choses.

Décider que c’est assez pour aujourd’hui

Si la fin de la liste ne peut plus déterminer la fin de la journée, il faut trouver d’autres repères.

Parfois, ce sera d’avoir accompli ce qui comptait réellement aujourd’hui.

Parfois, ce sera de constater que notre concentration n’est simplement plus là.

Parfois, ce sera parce qu’on avait décidé de terminer à une certaine heure.

Et parfois, ce sera juste parce qu’il fait beau dehors et qu’on a envie d’aller marcher avec le chien.

Cette dernière raison est tout aussi valable.

On n’a pas toujours besoin d’avoir atteint notre limite pour s’arrêter.

Tout ce qu’on pourrait faire n’a pas besoin d’être fait aujourd’hui

Je trouve qu’il y a un lien assez fort entre notre façon de prioriser au travail et notre capacité à décrocher.

Quand tout est important, tout semble pouvoir justifier une heure de plus.

Mais lorsqu’on sait ce qui compte réellement maintenant, il devient un peu plus facile de regarder le reste et de se dire :

ça peut attendre demain.

L’idée ne disparaîtra pas.

Le courriel sera encore là.

Le site Web pourra survivre une soirée avec ce bouton qu’on aimerait déplacer de quelques pixels.

Et peut-être que demain, avec un peu plus d’espace dans la tête, ce qui nous semblait absolument nécessaire la veille ne le sera même plus.

L’espace fait aussi partie du travail

C’est probablement ce que j’apprends encore.

Les moments où je ne travaille pas ne sont pas simplement les espaces laissés entre mes heures productives.

Ils font partie de l’équilibre qui me permet d’aimer ce que je fais.

Créer. Recevoir des amis. Être dehors. Passer du temps avec les gens que j’aime. Marcher avec mes chiens. Faire quelque chose simplement parce que ça me tente.

Tout ça nourrit aussi la personne qui revient travailler ensuite.

Et pour quelqu’un qui aime construire, améliorer, imaginer et faire avancer les choses, accepter de laisser quelque chose inachevé peut parfois être un exercice en soi.

Demain aussi, il y aura quelque chose à faire

Je ne pense pas que l’objectif soit de réussir à parfaitement séparer le travail du reste de la vie.

Personnellement, je ne suis même pas certaine que ce soit ce que je recherche.

J’aime que les différentes parties de ma vie puissent se côtoyer.

Ce que je veux davantage apprendre, c’est à choisir consciemment à quoi je donne mon attention.

Pouvoir travailler un soir parce qu’une idée m’enthousiasme.

Et pouvoir fermer mon ordinateur en plein milieu d’une liste parce que j’ai envie d’être ailleurs.

Sans avoir besoin que tout soit terminé pour m’en donner la permission.

Parce que demain, il y aura encore quelque chose à faire.

Et c’est très bien comme ça.

Emmanuelle Desrochers-Perrault
Fondatrice de METOD

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