Il y a des périodes où tout semble important.
Un projet à faire avancer. Un processus à revoir. Une personne à embaucher. Une occasion qui vient d’apparaître. Un dossier qu’on repousse depuis quelques mois. Sans compter tout ce qui doit continuer de fonctionner pendant ce temps.
La liste s’allonge et, naturellement, on essaie de mieux l’organiser.
On refait les priorités. On déplace quelques échéances. On ajoute des couleurs au tableau. On se promet de revenir sur certains projets quand les choses seront un peu plus tranquilles.
Mais quand tout semble prioritaire, le problème n’est pas toujours la liste.
Il faut parfois prendre un peu de recul avant de décider quoi faire en premier.
Prioritaire… par rapport à quoi?
Une priorité n’existe pas toute seule.
Elle est prioritaire parce qu’elle nous rapproche de quelque chose qu’on cherche à accomplir, qu’elle répond à un besoin important ou qu’elle crée les conditions nécessaires pour avancer.
Avant de classer les projets de 1 à 10, quelques questions peuvent donc être beaucoup plus utiles :
Qu’est-ce qu’on cherche réellement à accomplir en ce moment?
Qu’est-ce qui aura le plus d’impact?
Qu’est-ce qui pourrait débloquer plusieurs autres choses?
Qu’est-ce qui doit réellement être fait maintenant — et qu’est-ce qui peut attendre?
Ces questions changent la perspective.
On ne regarde plus simplement une série de tâches qui se disputent notre attention. On commence à les regarder en fonction d’une direction.
Choisir, c’est aussi accepter d’attendre
C’est probablement l’une des parties les plus difficiles de la priorisation : plusieurs idées peuvent être bonnes en même temps.
Un projet peut être pertinent sans être prioritaire maintenant.
Une occasion peut être intéressante sans devoir être saisie immédiatement.
Une amélioration peut avoir de la valeur sans être celle qui aura le plus d’impact à cette étape-ci.
Mettre quelque chose de côté ne signifie donc pas nécessairement y renoncer. Ça peut simplement vouloir dire : pas maintenant.
Et ce « pas maintenant » peut libérer beaucoup d’espace pour réellement faire avancer ce qu’on a choisi.
Chercher ce qui débloque la suite
Toutes les priorités n’ont pas le même effet.
Certaines permettent simplement de faire avancer un dossier. D’autres créent un effet domino.
Clarifier les rôles peut faciliter plusieurs projets à la fois. Prendre une décision qui traîne depuis des mois peut permettre à trois autres dossiers de démarrer. Mettre en place un outil simple peut enlever une friction qui revient chaque semaine.
Lorsqu’on cherche où commencer, ça vaut donc la peine de se demander :
Quelle action pourrait rendre la suite plus simple?
C’est une question que j’aime particulièrement, parce qu’elle déplace l’attention de « Qu’est-ce qui crie le plus fort? » vers « Qu’est-ce qui nous aidera réellement à avancer? »
Puis, mettre juste assez de structure
Une fois les choix faits, la structure devient utile.
Pas nécessairement un énorme système de gestion de projets.
Parfois, il suffit de savoir :
Qu’est-ce qu’on veut accomplir?
Quelle est la prochaine étape?
Qui la porte?
Pour quand?
Et surtout, de créer l’espace nécessaire pour que cette priorité ait réellement une place dans le quotidien.
Parce qu’une priorité qui se retrouve simplement au sommet d’une liste reste… une tâche au sommet d’une liste.
Une priorité devient réellement une priorité lorsque nos décisions, notre temps et nos ressources commencent à la refléter.
Alors, par où commencer?
Peut-être pas par la liste.
Commencez par la direction.
Revenez à ce que vous cherchez à accomplir, regardez ce qui aura le plus d’impact et identifiez ce qui pourrait faciliter la suite.
Puis choisissez.
Pas nécessairement pour les six prochains mois. Parfois, simplement pour les prochaines semaines.
Quand tout semble prioritaire, retrouver de la clarté est souvent la première chose qui permet de recommencer à avancer.
Emmanuelle Desrochers-Perrault
Fondatrice de METOD

